Оценить:
 Рейтинг: 0

Путешествие к центру Земли / Voyage au centre de la Terre

Год написания книги
2019
Теги
<< 1 2 3 4 >>
На страницу:
2 из 4
Настройки чтения
Размер шрифта
Высота строк
Поля
« C’est du runique ; ces types sont absolument identiques ? ceux du manuscrit de Snorre Turleson ! Mais… qu’est-ce que cela peut signifier ? C’est pourtant du vieil islandais ! »

Deux heures sonn?rent. Et la bonne Marthe ouvrit la porte du cabinet en disant :

« La soupe est servie.

– Au diable la soupe ! » s’еcria mon oncle.

Marthe s’enfuit. Je volai sur ses pas, et me trouvai assis ? ma place habituelle dans la salle ? manger.

J’attendis quelques instants. Le professeur ne vint pas.

« Je n’ai jamais vu chose pareille ! disait la bonne Marthe. M. Lidenbrock qui n’est pas ? table ! Cela prеsage quelque еvеnement grave ! »

J’en еtais ? ma derni?re crevette, lorsqu’une voix retentissante m’arracha aux voluptеs du dessert[13 - lorsqu’une voix retentissante m’arracha aux voluptеs du dessert – когда звонкий голос оторвал меня от наслаждения десертом]. Je ne fis qu’un bond de la salle dans le cabinet.

III

« C’est еvidemment du runique, disait le professeur en fron?ant le sourcil. Mais il y a un secret, et je le dеcouvrirai, sinon… »

Un geste violent acheva sa pensеe.

« Mets-toi l?, ajouta-t-il en m’indiquant la table du poing, et еcris. »

En un instant je fus pr?t.

« Maintenant, je vais te dicter chaque lettre de notre alphabet qui correspond ? l’un de ces caract?res islandais. Nous verrons ce que cela donnera. »

La dictеe commen?a. Je m’appliquai de mon mieux[14 - Je m’appliquai de mon mieux… – Я старался как мог…] ; chaque lettre fut appelеe l’une apr?s l’autre, et forma l’incomprеhensible succession des mots suivants :

Quand ce travail fut terminе, mon oncle prit vivement la feuille sur laquelle je venais d’еcrire, et il l’examina longtemps avec attention.

« Qu’est-ce que cela veut dire ? » rеpеtait-il machinalement.

Sur l’honneur, je n’aurais pas pu le lui apprendre. D’ailleurs il continua de se parler ? lui-m?me :

« C’est ce que nous appelons un cryptogramme, disait-il, dans lequel le sens est cachе sous des lettres brouillеes ? dessein[15 - brouillеes ? dessein – умышленно перепутанные], et qui convenablement disposеes formeraient une phrase intelligible. Cela peut nous conduire ? une grande dеcouverte ! »

Pour mon compte, je pensais qu’il n’y avait absolument rien, mais je gardai prudemment mon opinion.

Le professeur prit alors le livre et le parchemin, et les compara tous les deux.

« Ces deux еcritures ne sont pas de la m?me main, dit-il ; le cryptogramme est postеrieur au livre, et j’en vois tout d’abord une preuve irrеfragable. En effet, la premi?re lettre est une double M, et elle ne fut ajoutеe ? l’alphabet islandais qu’au quatorzi?me si?cle. Ainsi donc, il y a au moins deux cents ans entre le manuscrit et le document. »

Je fus d’accord.

« On peut imaginer que l’un des possesseurs de ce livre aura tracе ces caract?res mystеrieux. Mais qui diable еtait ce possesseur ? N’aurait-il point mis son nom en quelque endroit de ce manuscrit ? »

Mon oncle releva ses lunettes, prit une forte loupe, et passa soigneusement en revue les premi?res pages du livre. Au verso de la seconde, celle du faux titre[16 - faux titre – авантитул], il dеcouvrit une sorte de macule, qui faisait ? l’Cil l’effet d’une tache d’encre. Cependant, il put y distinguer quelques caract?res ? demi effacеs. Sa grosse loupe aidant, mon oncle finit par reconna?tre les signes.

« Arne Saknussemm ! s’еcria-t-il d’un ton triomphant, mais c’est un nom cela, et un nom islandais encore, celui d’un savant du seizi?me si?cle, d’un alchimiste cеl?bre ! »

Je regardai mon oncle avec une certaine admiration.

« Ces alchimistes, reprit-il, Avicenne[17 - Avicenne – Авиценна], Paracelse[18 - Paracelse – Парацельс], еtaient les vеritables, les seuls savants de leur еpoque. Ils ont fait des dеcouvertes dont nous avons le droit d’?tre еtonnеs. Pourquoi, ce Saknussemm n’aurait-il pas enfoui sous cet incomprеhensible cryptogramme quelque surprenante invention ? Cela doit ?tre ainsi. Cela est. »

« Sans doute, osai-je rеpondre, mais quel intеr?t pouvait avoir ce savant ? cacher ainsi quelque merveilleuse dеcouverte ?

– Pourquoi ? pourquoi ? Eh ! le sais-je ? Galilеe n’en a-t-il pas agi ainsi pour Saturne ?[19 - Galilеe n’en a-t-il pas agi ainsi pour Saturne ? – Не поступил ли так же Галилей с Сатурном? (Имеется в виду зашифрованная запись, анаграмма, с помощью которой Галилей сообщил об открытии этой планеты.)] D’ailleurs, nous verrons bien : j’aurai le secret de ce document, et je ne prendrai ni nourriture ni sommeil avant de l’avoir devinе.

– Oh ! pensai-je.

– Et d’abord, fit mon oncle, il faut trouver la langue de ce « chiffre. » Cela ne doit pas ?tre difficile. »

? ces mots, je relevai vivement la t?te. Mon oncle reprit son soliloque :

« Rien n’est plus aisе. Il y a dans ce document cent trente-deux lettres qui donnent soixante-dix neuf consonnes contre cinquante-trois voyelles. Or, c’est ? peu pr?s suivant cette proportion que sont formеs les mots des langues mеridionales. Il s’agit donc d’une langue du Midi. »

Ces conclusions еtaient fort justes.

« Mais quelle est cette langue ? »

« Ce Saknussemm, reprit-il, еtait un homme instruit ; or, d?s qu’il n’еcrivait pas dans sa langue maternelle, il devait choisir de prеfеrence la langue courante entre les esprits cultivеs du seizi?me si?cle, je veux dire le latin. J’ai donc le droit de dire ? priori : Ceci est du latin. »

Je sautai sur ma chaise. Mes souvenirs de latiniste se rеvoltaient contre la prеtention que cette suite de mots baroques p?t appartenir ? la douce langue de Virgile[20 - Virgile – Вергилий (древнеримский поэт)].

« Oui ! du latin, reprit mon oncle, mais du latin brouillе.

– ? la bonne heure ![21 - ? la bonne heure ! – В добрый час!] pensai-je.

– Examinons bien, dit-il, en reprenant la feuille sur laquelle j’avais еcrit. Voil? une sеrie de cent trente-deux lettres qui se prеsentent sous un dеsordre apparent. Il y a des mots o? les consonnes se rencontrent seules comme le premier « nrnlls, » d’autres o? les voyelles, au contraire, abondent. Or, cette disposition n’a еvidemment pas еtе combinеe : elle est donnеe mathеmatiquement. Il me parait certain que la phrase primitive a еtе еcrite rеguli?rement, puis retournеe suivant une loi qu’il faut dеcouvrir. Celui qui possеderait la clef de ce « chiffre » le lirait couramment. Mais quelle est cette clef ? Axel, as-tu cette clef ? »

? cette question je ne rеpondis rien, et pour cause. Mes regards s’еtaient arr?tеs sur un charmant portrait suspendu au mur, le portrait de Gra?ben. Nous nous aimions, et nous еtions fiancеs ? l’insu de mon oncle, trop gеologue pour comprendre de pareils sentiments. Gra?ben еtait une charmante jeune fille blonde aux yeux bleus ; je l’adorais. Elle m’aidait ? ranger chaque jour les prеcieuses pierres de mon oncle ; elle les еtiquetait avec moi. C’еtait une tr?s forte minеralogiste que mademoiselle Gra?ben ! Que de douces heures nous avions passеes ? еtudier ensemble ! et combien j’enviai souvent le sort de ces pierres insensibles qu’elle maniait de ses charmantes mains !

Or, j’en еtais l? de mon r?ve, quand mon oncle, frappant la table du poing, me ramena violemment ? la rеalitе.

« Ce n’est pas cela ! s’еcria mon oncle, cela n’a pas le sens commun ! »

Puis, traversant le cabinet comme un boulet, descendant l’escalier comme une avalanche, il se prеcipita dans K?nigstrasse, et s’enfuit.

IV

« Il est parti ? s’еcria Marthe en accourant au bruit de la porte de la rue.

– Oui ! rеpondis-je, compl?tement parti !

– Eh bien ? et son d?ner ? fit la vieille servante.

– Il ne d?nera pas !

<< 1 2 3 4 >>
На страницу:
2 из 4